Découvrez comment les chercheurs percent les secrets de l’influence des variations génétiques sur la perception de la douleur : cela pourrait-il mener à des médicaments personnalisés ?
Des études génétiques révèlent qu’environ la moitié de notre sensibilité à la douleur est déterminée par notre patrimoine génétique, les principales différences étant dues à des variantes de certains gènes. C’est ce qu’apprendront cette semaine les participants au congrès biennal de la Fédération européenne de la douleur, qui se tient à Valence, en Espagne.
Utiliser les variations génétiques pour traiter la douleur chronique
La professeure Luda Diatchenko, du Centre Alan Edwards de recherche sur la douleur à Montréal, au Canada, expliquera aux 3 500 participants que les résultats des études génétiques ont été utilisés – et continueront, espérons-le, à l’être – pour développer de nouveaux médicaments contre la douleur chronique.
La professeure Diatchenko précise : « Mon objectif est de personnaliser le diagnostic et le traitement de la douleur en perçant les secrets de l’influence des variations génétiques spécifiques sur la perception et la sensibilité à la douleur d’un individu. »
« Pourquoi, par exemple, une personne présentant des lésions tissulaires minimes dues à l’arthrite souffre-t-elle de douleurs chroniques invalidantes, tandis qu’un autre patient, gravement atteint, ne ressent que très peu de douleur ? Si nous parvenons à identifier les mécanismes moléculaires et cellulaires à l’origine des douleurs chroniques chez l’humain, nous pourrons alors développer et prescrire des médicaments adaptés au profil génétique et moléculaire de la douleur de chaque patient. »
Elle a ajouté : « La comparaison des génomes entiers révèle une corrélation significative entre l’information héréditaire codée dans l’ADN de la souris et celui de l’humain. Cela signifie que l’utilisation de modèles animaux pour étudier la génomique de la douleur humaine est extrêmement précieuse. »
Congrès de l’EFIC
Le Congrès de l’EFIC, qui se tiendra du 4 au 7 septembre 2019, est le plus grand congrès scientifique consacré à la douleur en 2019. Il réunira certains des experts les plus reconnus dans le domaine de la médecine de la douleur afin d’échanger des connaissances, des idées et de présenter les dernières avancées.
Parmi les autres temps forts du Congrès figurent des présentations sur les dernières avancées en neurostimulation ; les différences de perception de la douleur selon les groupes d’âge ; et le lien entre le sexe et les migraines. Comment l’évolution des soins de santé numériques influencera-t-elle le traitement de la douleur ? Et existe-t-il une « crise des opioïdes » en Europe ?
La professeure Luda Diatchenko, MD, PhD, est titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada en génétique de la douleur humaine au Centre de recherche sur la douleur Alan Edwards de l’Université McGill.

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